- Non classé (36)
- 17.4.2008: Le dernier rapport de la Miviludes : Une “histoire de flou”
- 8.4.2008: Colloque de CAP Liberté de Conscience
- 4.3.2008: LE DOSSIER NOIR DE L'HÉPATITE B
- 3.3.2008: SOUTIEN AUX VICTIMES DU VACCIN ANTI HÉPATITE B ET À LUCIENNE FOUCRAS
- 28.2.2008: A propos de l’utilité publique de l’Unadfi
- 26.12.2007: Interview de Christian Paturel
- 7.11.2007: sectes, religions
- 7.11.2007: Sectes, religions …
- 7.11.2007: Et pharaon dit :
- 7.11.2007: Et Pharaon dit :
QUOI DE NEUF SOUS LE SOLEIL
«QUOI DE NEUF SOUS LE SOLEIL»
(la Bible)
« Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé »
(Albert Einstein)
Le récit qui suit constitue une illustration de cette citation et un modeste hommage aux qualités féminines.
« Le Tour du Monde en 80 jours » et son héros Phileas Fogg sont mondialement connus et continuent de faire rêver des générations. Mais, qui connaît Nelly Bly ? Personne ? Quelle injustice ! Pourtant, tous deux ont accompli un tour du monde.Le premier dans la seule imagination de Jules Verne et en compagnie d’un valet : Passepartout.
La seconde réellement et seule.
L’aventure débute en 1884 (douze ans après la parution du roman de Jules verne). « Le Dispatch de Pittsburgh » publie un article antiféministe : « à quoi sont bonnes les femmes ? ». Le directeur du journal reçoit une lettre de contestation signée Elisabeth Cochrane. La qualité de l’écrit, tant sur la forme que sur le fond, suscite l’intérêt et la curiosité du journaliste qui convoque son auteur, persuadé que derrière ce pseudonyme ne peut se cacher qu’un… homme. Quelle surprise ! Il découvre une jeune fille de 17 ans, vive, intelligente, énergique et… belle !
A l’époque, les préjugés à l’égard des femmes étaient plus vifs (est-ce possible ?). Ils conduisaient à cantonner les femmes dans des fonctions en rapport avec le ménage et l’éducation des enfants.
Faisant fi du « prêt à penser » et du « qu’en dira-t-on », notre directeur de la publication embauche Nelly Bly en qualité de reporter. Du jamais vu ! Plusieurs articles fort appréciés du public contribuent à la renommée de Nelly Bly. Renommée ? Le terme n’est pas exact, car personne n’imagine que derrière cette signature se dissimule une femme. Une telle idée n’effleure aucun lecteur.
Puis, deux reportages courageux contribuent à en faire une héroïne nationale. Le premier dénonce la misère, les taudis, les conditions de vie déplorables des pauvres qui habitent certains quartiers de Pittsburg dont Nelly est originaire. Cet article émeut l’opinion publique et contraint la municipalité à mettre en place une politique d’aide sociale.
Le second est un témoignage vécu et constitue un véritable réquisitoire à l’encontre des pratiques honteuses qui ont cours dans les hôpitaux psychiatriques (mauvais traitements, sadisme de certains personnels, brutalités…). Nelly Bly n’hésite pas à se faire passer pour folle et à se faire interner durant huit jours dans le sinistre établissement de Blackwell, l’île au 1600 fous. Son récit produit l’effet d’une bombe et déclenche enquêtes officielles et réformes profondes.
Nous sommes alors en 1889, Nelly Bly sort totalement épuisée et effondrée de ces expériences humaines, de ces reportages sur la misère humaine, les enfants abandonnés… Son désir de changement la conduit à New-York où un grand journal « Le World », l’embauche immédiatement. Peu après, cet organe de presse décide de battre le record de 80 jours « établi » dans le roman de Jules Verne. Nelly Bly est chargée de relever ce défi. Elle s’embarque sans hésiter, le 14 novembre 1889, munie d’un très léger bagage et de 200 livres.
Jules Verne est enthousiasmé par cette aventure. Son étonnement est grand lorsqu’il rencontre, à Amiens, l’interprète de Philéas Fogg. Le romancier lui témoigne néanmoins son entier soutien et lui accorde l’exclusivité d’une interview qui est publiée dans Le World dont le tirage a doublé.
Après de nombreuses péripéties dignes des plus grands aventuriers, Nelly Bly réalise le tour du monde en 72 jours, 6 heures, 10 minutes et 11 secondes. Elle arrive au siège new-yorkais du World le 25 janvier 1890 à 04h30. Tout au long du parcours, le peuple américain l’ovationne. Toute l’Amérique est en fête et fière de son enfant ; Jules Verne adresse au World un télégramme : « je n’ai jamais douté du succès de Nelly Bly. Elle a prouvé son intrépidité et son courage. Hurrah pour elle ! ». Le triomphe est complet. Après un tel exploit le nom de Nelly Bly est mondialement connu.
Tout semble lui sourire. Pourtant, son handicap est considérable. Elle est une… femme !
Elle décèdera le 22 avril 1892, âgée de 54 ans, dans l’indifférence générale. La presse conservera un mutisme complet sur l’événement. Le meilleur reporter d’Amérique et du monde venait pourtant de s’embarquer vers de lointains horizons.
Récit du 19è siècle ! Au niveau des préjugés, des discriminations, de la misère, de l’injustice…notre troisième millénaire n’a rien à envier.
Laisser une réponse
Vous devez être connecté pour envoyer un commentaire.