LE PARTAGE DES FRUITS DU “VERSION FRANCAISE”

LE COIN SOURIRE

LE PARTAGE DES FRUITS DU TRAVAIL “VERSION FRANCAISE ”
 
 

Le coin des nouvelles par B. PaturelDes entreprises appartenant à l’ensemble de la communauté internationale organisent une course maritime autour du monde. L’entreprise représentant la France se classe bonne dernière ce qui suscite une vive émotion au sein de l’Hexagone.

Comment améliorer notre efficacité, nos performances ? Conformément à  une tradition nationale bien ancrée et s’agissant une nouvelle fois d’emmener tout le monde en bateau, une commission parlementaire d’enquête est mise à  flot. Selon un réflexe programmé, ses premières investigations porte sur l’existence ou non d’une secte parmi l’équipage.  

 

Comment en effet expliquer autrement cette cuisante défaite, cette humiliation, ce Trafalgar des temps modernes ? La secte : ” Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal ” (extrait de la fable : ” Les Animaux malades de la Peste ” de Jean de La Fontaine). Las, trois fois las pour nos intègres enquêteurs, cette fois-ci le prétexte peut difficilement être avancé. Une plongée profonde sur le livre de bord ne révèle la présence d’aucun Témoin de Jéhovah, scientologue, évangéliste. Par ailleurs, le médecin de bord ne pratique aucune thérapie disons non orthodoxe. Après cette enquête dite ” de surface “, les députés, consternés et effondrés, reprennent leurs travaux, et enquêtes et s’attaquent au problème dit de fond..

L’équipage est composé de douze membres : un capitaine, un second, un docteur et neuf hommes d’équipage. Le génie français, une nouvelle fois, émerveille le monde par sa lucidité, son esprit d’analyse et de synthèse. La situation est très vite appréhendée et les décisions prises :
Réduisons le nombre de ” manuels “, ces simples boucaniers !
Augmentons l’encadrement administratif dit supérieur ! Aussitôt dit, aussitôt fait ! Le médecin, le second et les neuf matelots sont promptement débarqués. Après tout, les Assedic-Anpe ne sont pas faites pour les chiens (mais pour les loups de mer). Quant au capitaine, il est relégué dans un rôle secondaire et sera désormais supervisé par : 

un PDG de la mer,

un DGA (directeur général adjoint) de la navigation,

un DGA des voiles,

un DGA des ancrages,

un ingénieur météo,

un ingénieur des ports,

un consultant des tempêtes,

un consultant des vents qualifiés de moyens,

un ingénieur des bises,

un ingénieur des mots,

un ingénieur des cordages.

Fin prête, cette nouvelle équipe, poussée par tout un peuple enthousiaste, se présente l’année suivante sur la ligne de départ. La course démarre. Cette fois, le voilier français ne finit pas dernier. En effet, il coule dans son port de départ, suite à  une mauvaise manœuvre, les différents responsables, qui déclinent d’ailleurs toute responsabilité, ne donnant pas le même sens, depuis les élections de 2007, aux termes tribord, bâbord, droite, gauche, centre… Bref, la faute de personne, juste une crise de société. Un consultant en communication, qui aurait été fort utile en la circonstance, a été malencontreusement écarté lors de la restructuration, les douze élus refusaient par superstition de naviguer à  treize. Manquaient aussi, la boussole du bon sens, le compas de la mesure, la carte de la hauteur de vue, le sextan de la communication et la bouée de l’humilité.

Au terme de cette odyssée, le gouvernement français a décidé :

1 la cession de l’infortunée entreprise à  une société étrangère,

2 la vente, après renflouage, de l’épave qui gisait par vingt mètres de fond.

Le produit de cette double vente permettant :

3 l’attribution au PDG d’une indemnité dite de départ de 8 millions d’euros ( ! ! ! pourtant, rappelons que le voilier n’a jamais quitté le port),

4 le versement aux dix hauts responsables d’indemnités disons confortables.
Quant au capitaine, la question a été aisément résolue, ce dernier bien que n’ayant assumé aucune responsabilité dans ce naufrage, a respecté la tradition de la marine et a refusé de quitter son bâtiment.

” Toute ressemblance avec des situations existantes ne serait malheureusement pas fortuite”

 

 

 

 

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